Le 3 Décembre a démarré la COP24 à Katowice en Pologne, une COP où une fois encore les États ne seront probablement pas à la hauteur de l’enjeu climatique. Deux semaines plus tôt, le mouvement des Gilets Jaunes a entamé des protestations en France contre la hausse des prix des carburants, une mesure soi-disant écologique. Mais est-ce vraiment cela l’écologie ? 

Le 17 Novembre, l’acte I est lancé. Des centaines de milliers de français se mobilisent dans les rues ou sur les ronds-points, bloquent des péages ou l’accès à certains commerces. Une revendication de départ: la fin de la hausse des taxes sur les carburants prévue pour Janvier 2019. L’exécutif prévoyait en effet de continuer d’augmenter les taxes sur l’essence et le diesel jusqu’en 2022 pour favoriser une convergence fiscale entre ces carburants et lutter contre le réchauffement climatique. L’objectif était de rendre l’essence moins onéreuse que le diesel, jugé plus polluant. Ces mesures auraient considérablement impacté le pouvoir d’achat de nombreux français puisque 7 français sur 10 utilisent la voiture pour se rendre sur leur lieu de travail. Le mouvement des Gilets Jaunes est parvenu à supprimer l’augmentation de cette taxe, mais de jours en jours la liste des revendications s’est agrandie pour finalement demander plus de pouvoir d’achat. 

Le mouvement des Gilets Jaunes n’a pas seulement pris une grande ampleur en France : il a également inspiré d’autres pays européens. En Belgique, en Bulgarie et aux Pays-Bas, les Gilets Jaunes ont manifesté contre le coût de la vie et la hausse des taxes, notamment celles sur le carburant. En Serbie, un élu de l’opposition a même porté un gilet jaune au parlement afin de demander une baisse du prix des carburants. Enfin Outre-Rhin, c’est l’extrême droite qui a repris le mouvement avec le but de recentrer la discussion sur l’immigration. Le Royaume-Uni n’échappe pas à la règle et c’est là aussi l’extrême droite, et notamment les pro-Brexit, qui ont repris le mouvement. Un point commun dans tous ces pays: le rejet de la classe politique. 

Parallèlement à ce mouvement, ce 3 Décembre a eu lieu le coup d’envoi de la 24ème Conférence mondiale sur le climat (COP24). Trois ans après les Accords de Paris qui prévoyaient de limiter le réchauffement climatique à 2°C, les résultats ne sont pas là. L’année 2018 a même été la deuxième année la plus chaude en Arctique depuis que les relevés existent, à partir de 1900. Des Marches pour le climat, réunissant près de 50.000 manifestants à Bruxelles et environ 20.000  personnes à Paris, se sont alors organisés afin de dénoncer le manque d’ambition des gouvernements concernant le réchauffement climatique et pour appeler à un changement. Les 196 Etats réunis pour la COP vont donc avoir pour tâche trouver enfin des solutions contraignantes afin de rendre l’Accord de Paris opérationnel.

Plaidons pour une nouvelle Europe: verte et sociale !

Mais quel lien entre les Marches pour le climat et le mouvement des Gilets Jaunes? D’un coté, des manifestations pour dénoncer le manque d’action concernant le climat. De l’autre, une contestation liée au pouvoir d’achat et la hausse des prix du carburant. Ce lien est pourtant simple: Justice. Justice climatique et Justice sociale. L’Accord de Paris évoque d’ailleurs les liens intrinsèques entre le changement climatique et l’élimination de la pauvreté, notamment parce que le réchauffement de la planète a un impact direct sur les personnes les pauvres.    

Pour la première fois depuis des années, c’est la France « oubliée », la France périphérique qui se fait entendre grâce au mouvement des Gilets Jaunes. Il en est de même en Europe. Ils expriment leur rejet de la classe politique, des élites qui ne vivent pas comme eux et pour qui quelques centimes de plus au passage à la pompe ne changeront rien. Ils nous font ressentir leur rejet de l’Europe et des technocrates européens enfermés dans leur bulle à Bruxelles, totalement déconnectés de la réalité. « Nous ne pouvons plus continuer comme avant ! » L’économiste Thomas Picketty ainsi que des chercheurs et des dirigeants progressistes proposent dans un Manifeste pour une démocratisation de l’Europe «une refondation politique, sociale et environnementale de l’Europe ». Le collectif propose la création d’une « Assemblée européenne souveraine » disposant d’un budget quatre fois supérieur à ce qu’il est actuellement. Les signataires souhaitent que ce budget soit fixé à 4 % du PIB et qu’il soit financé par « quatre grands impôts européens » : un impôt sur les bénéfices de grandes sociétés, un sur les hauts revenus, un sur les patrimoines et un autre sur les émissions carbone. Basculer la fiscalité carbone sur les entreprises les plus polluantes, jusqu’ici largement exonérées, permettrait enfin d’inviter les classes les moins aisées à participer à la transition écologique et de réconcilier Justice sociale et Justice climatique.

Dimanche dernier déjà, « Gilets Jaunes » et « Gilets Verts » ont manifesté ensemble dans les rues de Paris. Un premier pas à la convergence de lutte mais le chemin encore reste long et périlleux… Changeons d’Europe! Unis dans la diversité, le 26 mai, nous le pourrons ! 

Alexis GOURDAIN

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