L’Europe n’en a pas fini avec son calendrier électoral. Après la France, au tour de l’Allemagne de se rendre aux urnes pour désigner la future chancelière ou futur chancelier. Angela Merkel, candidate du parti Chrétien-Démocrate (CDU) réussira-t-elle à briguer un quatrième mandat ?  Quant à Martin Schulz, le candidat du parti Sociale-Démocrate (SPD) parviendra-t-il à faire mentir tous les sondages qui le donnent perdu d’avance ?

Martin Schulz, l’ancien président du Parlement Européen est en grande difficulté dans les sondages. En effet les intentions de vote pour le parti d’Angela Merkel sont créditées de 39% tandis que celui de Martin Schulz ne récolterait que 25% des voix

« Un effet Schuz » rapidement dissipé

Martin Schulz a profité d’une bulle médiatique quand il a quitté ses fonctions de président du Parlement Européen. Il a même réussi à devancer la chancelière dans les sondages d’un point, chose jamais vue auparavant. Il n’était jamais apparu comme possible de voir la SPD repasser devant la CDU. Cette candidature est intervenue au moment où Angela Merkel a été vivement critiquée pour sa politique migratoire. Dès le 24 novembre, Martin Schulz était même donné gagnant face à Angela Merkel qui pour la première fois avait avoué que cette campagne serait l’une des plus difficiles à mener de sa carrière. Schulz a réussi, l’espace d’une courte période, à redorer l’image des sociaux-démocrates, mais il n’a pas réussi à convaincre par la suite. Il apparaît comme épuisé et mal entouré. De plus Martin Schulz n’assiste pas aux débats parlementaires qui sont pourtant très suivis par les allemands, et qui lui donneraient l’occasion d’une tribune pouvant renforcer son image de candidat.

Mais Madame Merkel est loin d’avoir dit son dernier mot

Angela Merkel a certes été affaiblie au début de la campagne de Martin Schulz mais elle a très vite su revenir en force. Les trois derniers scrutins régionaux ont également conforté Angela Merkel dans son avance sur Martin Schulz.  Le petit Land de Sarre à la frontière Lorraine, le Schleswig-Holstein à la pointe nord de l’Allemagne, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Land le plus peuplé d’Allemagne ont tous les trois voté en faveur du parti chrétien démocrate. La défaite est rude pour les sociaux-démocrates, surtout dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, qui était leur fief politique, où Martin Schulz avait vécu. C’est également le Land le plus peuplé d’Allemagne avec 18 millions d’habitants. Cette victoire était particulièrement scrutée par le parti chrétien démocrate et conforte Angela Merkel pour sa campagne électorale de cet été.

Angela Merkel a comme pour argument de campagne d’être Angela Merkel

Celle dont la côte de popularité avait été fragilisée par la crise migratoire, se voit retrouver son niveau d’avant le début de la crise. Elle est maintenant à 64% d’opinions favorables. Du jamais vu pour un chef d’état occidental. Angela Merkel est devenue le symbole d’une stabilité certaine. Alors que bon nombre de chefs d’Etats comme François Hollande qui annoncé qu’il ne briguerait pas un deuxième mandat, ou encore Matteo Renzi  qui a été poussé vers la sortie de la présidence du conseil italien, Angela Merkel, elle, reste bien en place. Madame Merkel a su également tirer profit du contexte géopolitique international. L’élection de Trump, aux Etats Unis, le Brexit en Europe ont contribué à rendre le monde plus incertain et de facto à renforcer l’image d’Angela Merkel. Celle que les médias étrangers appellent désormais « leader of the free world », a pris ses distances par rapport aux Etats Unis, qui jusqu’à l’arrivée de Donald Trump au  pouvoir étaient encore perçus comme des leaders indétrônables. Angela Merkel s’affiche comme une européenne convaincue et surtout convaincante. Angela Merkel rassure également les allemands grâce à la très bonne santé économique du pays. Le chômage n’atteint même pas les 5% et les Allemands sont convaincus que leur économie se porte mieux depuis 2005 (date de l’arrivée d’Angela Merkel au pouvoir). L’actuelle chancelière incarne donc pour ses électeurs une sécurité diplomatique et économique. Même certains électeurs du SPD (24%) souhaitent la voir rester au pouvoir plutôt que voir Martin Schulz prendre sa place.

Bien sûr rien n’est joué encore, mais Angela Merkel bénéficie d’une avance très confortable par rapport à Martin Schulz. Néanmoins à la différence de la France et d’autres pays européens, l’Allemagne est quasiment le seul pays à ne pas avoir été touché par la vague de « dégagisme » qui a frappé le continent européen. En effet c’est l’un des rares pays où les « partis traditionnels » sont encore en mesure de s’affronter.

Jean Loisy

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