Jeudi 13 avril 2017, les Etats Unis ont bombardé l’Afghanistan en larguant une bombe parmi les plus puissantes (et non nucléaire) jamais utilisée auparavant. Cette attaque visait un groupe d’insurgés se réclamant de l’organisation terroriste Etat Islamique. 90 membres de l’Etat Islamique auraient ainsi été tués par cette bombe américaine, selon Esmail Shinwar, le gouverneur du district d’Achin (une province de Nangarhar en Afghanistan).

De quelle bombe s’agit-il ?

La bombe utilisée par l’armée américaine, la GBU-43/B, est surnommée « La mère de toutes les bombes » ( Massive Ordnance Air Blast). Il s’agit d’une bombe à effet de souffle massif pesant plus de 11 tonnes. C’est la première fois que les Etats Unis ont recours à cette bombe qui avait été élaborée dès le début des années 2000 à l’occasion de la guerre en Irak. La production d’une seule bombe coûte 16 millions d’euros.

Quelle intention se cache derrière ce bombardement ?

Officiellement l’objectif premier est bien sûr de vaincre l’Etat Islamique, très présent dans cette région de l’Afghanistan. Dès son élection, Donald Trump avait affirmé vouloir  « défoncer » l’Etat Islamique. Dès le mois de janvier il exige auprès des autorités militaires américaines un plan pour vaincre l’Etat Islamique [qu’il pensait vaincre en un mois…]. Il est vrai que cette bombe aura fortement affaibli les positions du groupe terroriste Etat Islamique dans cette région de l’Afghanistan, néanmoins l’utilisation de cette bombe démontre une volonté flagrante de Donald Trump de ne pas composer avec la diplomatie classique. Cela s’explique entre autre par l’entourage proche du nouveau président américain qui a nommé un ancien général des marines, James Mattis,  comme secrétaire à la défense ainsi que Herbert Raymond McMaster comme conseiller à la sécurité nationale. Cet entourage militaire proche de Donald Trump explique le recours à la force plutôt qu’à la diplomatie traditionnelle.

Comment interpréter ces actions militaires ?

Cette action américaine démontre un paradoxe important entre l’isolationnisme américain prôné par Donald Trump lors de la campagne présidentielle et son attitude interventionniste poussée à l’extrême. Donald Trump est au pouvoir depuis moins de 100 jours  et se trouve déjà impliqué dans des conflits militaires d’envergure.  Ce bombardement en Afghanistan intervient après les 59 missiles américains largués en Syrie, ainsi que l’escalade d’un conflit à venir entre les Etats Unis et la Corée du Nord. Kim Jong Un a en effet provoqué les Etats Unis et le reste du monde en s’adonnant à des tirs d’armes nucléaires. En guise de réaction, Donald Trump a envoyé un porte-avion américain dans la péninsule coréenne. La tension entre les Etats Unis et la Corée du Nord ne va malheureusement pas aller en s’améliorant, ce qui inquiète en premier lieu la Corée du Sud qui se retrouve enclavée entre les décisions américaines et l’attitude du dictateur nord-Coréen.

Ces différentes actions militaires ont néanmoins amené Donald Trump à revenir sur ses propos concernant l’OTAN, qu’il considérait comme « obsolète ». Finalement, avec ce don du revirement soudain, dont le président américain a le secret, l’OTAN lui paraît plus utile que prévue.

Une chose est sûre, Donald Trump a gardé ses habitudes de la télévision. Il aime faire parler de lui et sur ce point précis c’est un sans-faute. Malheureusement pour nous spectateurs, nous sommes obligés d’assister aux différents caprices de l’enfant roi qui considère la Maison Blanche ainsi que les institutions américaines comme une vaste salle de jeux. Les actions militaires américaines fusent dans tous les sens et semblent répondre à l’impulsion de Donald Trump. Lors de ses 100 premiers jours Donald Trump aura eu le temps de lancer des offensives militaires, de s’attaquer, entre autres aux droits des femmes, notamment en ce qui concerne l’avortement, de signer des décrets anti immigration et de jouer au golf. Il aurait à ce jour dépensé plus de 23 millions de dollars en frais de transports (pour information, le président Obama son prédécesseur avait dépensé 97 millions de dollars pour le même poste mais en huit ans). Le règne de l’incompétence s’est bien installé à la Maison Blanche et apparemment il a l’air de s’y plaire.

Jean LOISY

Sources:

Crédits Photos : Photo d’archives du Département de la Défense américaine (2003).DOD / AFP

 

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