Dans le cadre du projet Empow(h)er lancé par l’European Student Think Tank, les étudiants de première année du master ont organisé aux côtés du think tank une conférence sur les femmes. Ce fut l’occasion d’échanger sur les stéréotypes qui les touchent surtout dans le monde professionnel.

Ainsi, le 9 mars dernier, Maria Arena eurodéputée membre de la Commission des droits de la femme et de l’égalité des genres, Cécile Girard et Éléonore Stévenin-Morguet, toutes deux porte-parole de l’association Osez le féminisme, se sont retrouvées dans l’amphithéâtre Guizot à la Sorbonne afin de donner leur point de vue sur le sujet.

Les femmes : cette question qui traverse les disciplines

Etant à la fois membre de la Commission des droits de la femme et de l’égalité des genres, de la Commission emploi mais aussi de la Commission commerce international au Parlement européen, Maria Arena constate l’enferment de ces collègues. En effet, ayant les droits des femmes à l’esprit, elle se rend compte que les problèmes liés à ces derniers ne sont pas forcément abordés en dehors de la commission qui leur est réservée. Or, elle considère les droits des femmes comme un sujet transdisciplinaire qui a aussi des conséquences dans la Commission commerce international. Elle cite les accords bilatéraux en train de se développer avec l’Afrique comme exemple. En effet, ces accords ont un impact négatif sur les exploitations agricoles de la région qui sont tenues principalement par les femmes qui en subissent donc les conséquences.

Autre problématique liée aux droits des femmes : l’équilibre vie professionnelle contre vie privée. Cette problématique devrait être abordée au sein de la Commission emploi, surtout dans le cadre de la maternité. Le problème étant que ces commissions sont souvent tenues par des hommes âgés, spécialistes dans leur domaine qui ne prennent pas systématiquement en compte le droit des femmes lors de la rapports. Maria Arena encourage donc une plus grande interdisciplinarité qui pourrait aider les commissions parlementaires à avoir une analyse plus proche de la réalité, prenant en compte le plus de données possibles.

De plus, elle met en garde contre les lobbys traditionalistes qui gagnent en pouvoir au Parlement européen. En effet, les droits des femmes étant des droits acquis relativement récemment, lorsque quelqu’un désire revenir à des temps anciens sous couvert de tradition, ce sont ces droits nouveaux qui sont les premiers à être attaqués.

Le danger des stéréotypes genrés

Les trois intervenantes, Maria Arena, Cécile Girard et Éléonore Stévenin-Morguet, s’accordent pour dire que la dangerosité des stéréotypes genrés vient de leur présence dans l’inconscient de ceux qui les perpétuent.

Maria Arena, ayant été ministre de l’emploi et de la formation du gouvernement wallon, propose la mise en place d’outils pédagogiques sur les problèmes de genres dans la formation continue des maîtres. Ces outils leur permettraient de s’éloigner de l’approche instinctive du genre en leur apportant un socle de connaissances suffisant.

En effet, Cécile Girard et Éléonore Stévenin-Morguet dépeignent un tableau assez pessimiste quant à l’égalité hommes-femmes surtout dans le monde professionnel. Ainsi, selon leur dire, 98 % des secrétaires sont des femmes tandis que seul 12 % des personnes travaillant dans le secteur du Bâtiment sont des femmes.

Les stéréotypes genrés demeurent et l’éducation semble être la seule solution.

Lucie Leclerc-Vasallo

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