Arrivé au pouvoir en 2001, le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a atteint à la fin de l’année 2016 la limite des deux mandats présidentiels autorisés par la Constitution congolaise. Malgré cela, fort des soutiens du parti au pouvoir et de la Cour constitutionnelle, Kabila s’est montré déterminé à maintenir le pouvoir à Kinshasa – contre la loi et la volonté populaire.

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La République démocratique du Congo, 2 345 409 km2, soit 4 fois la superficie de la France.

En 2016, 16 pays africains ont organisé des élections afin de choisir leurs chefs d’Etat, les 70 millions d’habitants de RDC n’ont pas eu ce privilège. Joseph Kabila, fils de Laurent-Désiré Kabila qui avait pris le pouvoir en 1977 au dictateur Mobutu Sese Seko, a vu son mandat présidentiel prolongé par ordre du Conseil constitutionnel le 31 décembre 2016. Celui-ci donne raison au parti dirigeant, le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), qui avance l’incapacité matérielle d’organiser un scrutin dans la situation actuelle du pays.

L’Accord de la Saint Sylvestre qui a validé et entériné le maintien au pouvoir du président au-delà de la durée de son deuxième mandat est extrêmement controversé en RDC où seuls 7,8% de la population se disent prêts à réélire le chef d’Etat. Cette décision contrevient au droit comme à la volonté du peuple.

Cela s’est fait malgré les multiples manifestations hostiles à Kabila. Ces dernières ont été violemment réprimées, notamment à Kinshasa, la capitale du pays, où entre le 19 et le 20 décembre 2016 au moins 32 manifestants non armés sont tués par les forces de l’ordre. La figure de l’opposition, Moïse Katumbi, un millionnaire briguant la présidence, est traqué par le pouvoir depuis l’annonce de sa candidature en 2015.

Dans un élan de plus en plus autocratique, Joseph Kabila est donc parvenu à repousser le scrutin jusqu’en 2018 en se présentant comme le seul rempart à l’instabilité politique du pays. Ceci contre l’avis des 81,4% des Congolais qui se prononcent contre l’amendement de la constitution en faveur du président.

Marie VILLETTE


Pour aller plus loin :

Sabine Cessou, « Transition à haut risque en République démocratique du Congo », Le Monde diplomatique, décembre 2016.

Editorial « Triste République démocratique du Congo », Le Monde, 22 décembre 2016.

Camille Belsoeur, « En Afrique, être dans l’opposition et candidat à une présidentielle mène à la prison », Slate Afrique, 24 juin 2016.

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Un commentaire sur « [EN BREF] République démocratique du Congo : Joseph Kabila contre la Constitution »

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