Encore à un stade embryonnaire, le programme du futur président américain a indubitablement déjà de quoi nous flanquer la frousse : des promesses de sanctions douanières et de rétorsions contre le Mexique et la Chine, des menaces de renégociations d’accords, voire même l’annulation d’importants traités commerciaux. Le milliardaire a révélé qu’il envisage même une sortie de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) : « Nous allons renégocier ou en sortir complètement » annonce-t-il, « Ces accords de commerce sont un désastre. […] L’OMC est un désastre. »

trumpCrédit photo: lefigaro.fr

Le libre-échange est menacé

Les experts peinent à estimer jusqu’à quel point le néophyte politique est déterminé à mettre en œuvre ses projets abracadabrants pour l’État probablement le plus influent du monde. Depuis l’annonce de son élection le 9 novembre, le futur président s’est montré plutôt prêt à faire des concessions à l’égard de la portion plus « modéré » de son camp. De fait, il n’envisage désormais plus l’expulsion de la totalité des sans-papiers vivant sur le sol américain, soit 11 millions de personnes, mais uniquement « des criminels » parmi eux, un nombre qui ne s’élève « plus qu’à » 2 ou 3 millions de personnes.

Néanmoins, son programme consacré à l’isolationnisme est un signal fort qui pourrait sonner le glas des systèmes de coopération tels que nous les connaissons aujourd’hui. Les Etats-Unis sont d’ailleurs loin d’être les seuls à tourner bride : comme on peut l’observer sur le site Global Trade Alert, un outil qui permet de suivre les échanges entre des différents États, les pays membres du G20 ont décidé de mettre en place 350 mesures discriminatoires vis-à-vis de leurs partenaires commerciaux au cours de la première moitié de l’année 2016. La même tendance se reflète dans le blocage wallon du CETA qui a failli faire échouer les projets de libre-échange entre le Canada et l’UE il y a quelques semaines.

En ce qui concerne le TTIP, les États membres de l’UE ne veulent même plus en entendre parler à l’heure actuelle. Ce rejet peut par ailleurs paraître surprenant, au vu notamment des bénéfices que des pays comme l’Allemagne ont tiré de l’ouverture des échanges : aucun pays n’en a profité davantage que cet Etat fondateur de l’UE. Le Brexit constitue un autre obstacle semblant sonner le glas de l’âge d’or du libre-échange : le souhait de sortie d’une majorité des Britanniques constitue une remise en question du système libre-échangiste à base politique que constitue l’Union européenne.

Liberté totale sur les réseaux sociaux?

Le contraste entre le retrait des nations à l’intérieur de leurs frontières nationales et l’ouverture des frontières sur les réseaux sociaux est saisissant – d’autant plus que les échanges s’y effectuent en un éclair, et souvent sans la moindre règlementation de contenu. Des propos incorrects peuvent être partagés des milliers de fois avant que quelqu’un ne les réfute. Comme nous avons pu constater lors de la campagne présidentielle américaine, il est à ce moment-là souvent trop tard : de nombreuses analyses d’experts démontrent que les réseaux sociaux constituaient un soutien inestimable à la campagne de Trump. Ces géants de la technologie, dont le milliardaire cherchera à entraver les échanges commerciaux avec des pays tels que la Chine, auraient alors considérablement contribué à la victoire de celui-ci. Les quatre ans à venir montreront si Mark Zuckerberg aura scié la branche sur laquelle il était assis.

Selin Olivia TURHANGIL

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