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Dans une société toujours plus ouverte, avec de moins en moins de contrôles frontaliers au sein de l’espace européen, les gens du voyage et la population rrom restent cependant exclus de cette libre circulation grandissante. Depuis les accords de Schengen, signés en mars 1985 et entrés en vigueur 1995, il existe en Europe un espace de libre circulation des personnes où les contrôles aux frontières ont disparus, remplacés par un contrôle renforcé aux frontières extérieures de l’Europe. Pourtant, la libre circulation des populations les plus pauvres et l’absence de résidence fixe restent deux tabous pour les sociétés européennes, deux bouc-émissaires parfaits que certains partis politiques s’empressent de blâmer.

Ainsi, bien que la Bulgarie et la Roumanie soient membres de l’Union Européenne depuis 2007, pratiquement 10 ans plus tard, ces deux pays (ainsi que Chypre et la Croatie) n’ont toujours pas intégré l’Espace Schengen. Contrairement à l’Angleterre et l’Irlande, ce n’est pas le fruit d’un statut particulier, mais bien l’opposition des membres de l’Espace Schengen dont la France, qui freine cette intégration, renforçant l’idée d’une Europe à deux vitesses, marquée par une division entre Europe occidentale et Europe orientale. L’ouest de l’Union Européenne reproche à la Roumanie et la Bulgarie un certain laxisme pour le contrôle de ses frontières.

Cependant, nous pouvons y déceler un tout autre problème. En effet, si le gouvernement Sarkozy s’était fermement opposé à l’élargissement de l’Espace Schengen, c’est entre autres en raison de la liberté de circulation que cela impliquerait pour la population rrom (NDRL : la Roumanie comprend la plus grande population rrom européenne avec 1.800.000 ressortissants roumains appartenant à la communauté rrom). En effet, la grande pauvreté qui caractérise les populations rroms roumaines et bulgares les incite à migrer vers les pays riches de l’Union où la mendicité rapporte plus que ce qu’ils pourraient gagner dans leur pays d’origine. Or, les autorités françaises s’opposent fortement à la venue de ces populations et une politique de démantèlement systématique des camps de fortune a été mise en place avec reconduite à la frontière.

Cette méfiance vis-à-vis de la communauté rrom s’est reportée sur la communauté des gens du voyage, composée à 50% de Rroms (pas forcément roumains et bulgares, la population rrom étant paneuropéenne, de nombreux rroms vivent en France depuis le XIIème siècle). Loin d’être un problème de migrants cette fois puisque parmi les gens du voyage, nombreux sont ceux qui possèdent la nationalité française, c’est la remise en cause d’un mode de vie qui s’exprime. Depuis 1969, une loi oblige les gens du voyage en France à être titulaire d’un carnet de circulation. Cette mesure discriminatoire a pourtant fait l’objet de plusieurs propositions de lois visant son abrogation dans les années 2000, sans succès. Si toutes les communes françaises de plus de 5.000 habitants sont dans l’obligation de proposer une aire d’accueil aux gens du voyage, seules 50% des communes françaises respectent cette obligation.

Si la libre-circulation des citoyens est l’un des principes fondateurs de l’Union européenne, il est vrai que sa mise en place est difficile pour les populations les plus pauvres, chaque État étant peu enclin à accorder une protection sociale à ces populations et considérant la venue d’étrangers peu qualifiés comme malvenue lorsque le taux de chômage local est déjà élevé.

Chloé DUSSUTOUR

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