exit from the eurozone concept
Crédits photos: thespectator.co.uk

Hier soir, nous nous étions couchées confiantes. Les premiers résultats qui tombaient étaient en faveur du Bremain, c’est-à-dire du maintien du Royaume-Uni dans l’UE. Tout allait bien, nous étions sereines.

Bien évidemment, nous savions qu’un Brexit était possible; les récents sondages étaient mauvais. Mais on nous rabâchait sans cesse, dans tous les journaux télévisés, que les sondages anglais étaient à la hauteur de leur gastronomie! Pas d’inquiétude à avoir donc, nos amis britanniques allaient rester parmi nous.

J’ai discuté avec des Anglais qui me disaient que le résultat allait certainement être très serré, mais qu’il allait aller dans le sens du « Remain ».

Et puis dans la nuit, la situation s’est brusquement inversée. Stupeur. Douleur. Douche froide.

Consternation

Nous avons beau cherché, nous ne trouvons pas d’autres mots. « Chloé, c’est un Brexit », m’explique ma mère au petit-déjeuner, ce matin. J’ai failli perdre ma tartine dans mon thé. Le Brexit gagne. De Paris à Nice, c’est une onde de choc qui s’empare de nous deux. Natacha me confesse être passée par tous les sentiments avant de prendre vraiment conscience de ce qu’il se passait.

Ils nous quittent, vraiment? Toute l’année, nous avons essayé de comprendre les conséquences d’un départ du Royaume-Uni. Notre dernier cours d’histoire était d’ailleurs presque entièrement consacré à cette éventualité. Mais nous n’avions pas voulu croire les Cassandre!

Parce que nous croyons en l’UE.

Et maintenant, après le choc un peu digéré, nous commençons à prendre la mesure de cet évènement sans précédent. Au mois de mai, Danielle, une élève du Master Affaires Européennes, nous avait confié sa peur de ce référendum: « Il va y avoir beaucoup de problèmes dans mon pays si nous partons, beaucoup de désaccords et de tensions ». Que va-t-il advenir de l’Ecosse? Va-t-elle vraiment prendre son indépendance, comme elle a tant de fois menacé de le faire? Et l’Irlande du Nord, qui semble, elle aussi bien tentée de quitter Londres?

Un Royaume-Désuni

Avec deux sécessions rapides et cinglantes comme celles-là, le Royaume-Uni ne sera bientôt plus qu’une vaste chimère. Et cela nous fait de la peine. Un divorce sera bientôt acté, mais les enfants n’acceptent pas cette idée.

Parce que nous croyons en l’UE.

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Chez les jeunes qui ont massivement voté en faveur du Bremain, c’est un sentiment de colère mêlé d’incompréhension qui domine. Comme nous, ils n’y croyaient pas. Les Pères Fondateurs, les Schuman, Monet, Adenauer et j’en passe doivent certainement se retourner dans leurs tombes.  Sauf peut-être le grand Charles, qui doit leur rétorquer : « Je vous l’avais bien dit! »

Dès les premiers résultats annoncés, nous avons vu fleurir partout sur les réseaux sociaux des demandes,  un peu partout en Europe, de référendums identiques à celui mené hier.La France, l’Italie, les Pays-Bas… Retrouver de la souveraineté, ils n’ont que cela à la bouche. Comme si l’UE se résumait à cela!

Nous en venons à craindre une épidémie de nouveaux mots en « XIT ». Natacha et moi sommes suspendues aux lèvres de Romano Prodi, ancien président de la Commission Européenne, et nous nous rassurons comme nous pouvons. « Il y a un risque minimum que d’autres pays quittent l’UE, car ces autres pays comptent beaucoup sur les aides économiques de l’UE ».

Ouf.

Parce que nous croyons en l’UE.

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Pari gagnant

C’est pourquoi, dans cette atmosphère curieuse, nous avons un rêve ce soir. Nous faisons le rêve qu’un jour, tous les Européens puissent voir l’UE comme nous la voyons.

Bien sûr, être membre de l’UE signifie respecter des normes, parfois absurdes. Etre membre de l’UE signifie faire des sacrifices sur sa souveraineté. Mais pour nous, elle signifie bien plus.

Nous, les jeunes Européens, nous aimons l’Europe. Nous aimons voyager librement, sans visa ni contraintes. Nous aimons l’Europe qui nous permet d’étudier où nous voulons.

Nous aimons l’Europe, parce qu’elle est synonyme de richesse culturelle et de brassage de nationalités.

Roumaine, Britannique, Italienne, Portugaise, Suisse, Allemande, Lettonne, Tchèque, Néerlandaise, Française, et Espagnole: notre classe, compte pas moins de dix nationalités différentes, et c’est ce qui fait la richesse de notre master. Nous apprenons les uns des autres. Nous découvrons les cultures de chacun, et nous aimons cela.

Parce que l’UE est un rêve. Parce que nous croyons en ce rêve. Parce que nous croyons en l’UE.

« Unis dans la diversité ». Ne l’oublions pas.

Natacha DA ROCHA

Chloé LOURENÇO  

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