12837764_10204961319107748_147967777_o

A l’automne 2015, les Nations Unies ont adopté les nouveaux Objectifs de Développement durable (ODD). Cette nouvelle initiative relance les huit objectifs du millénaire (OMD) adoptés en 2000 et y ajoutent 9 nouveaux objectifs. Un programme très ambitieux.  Cependant, peut-t-on parler d’armes efficaces pour l’humanité ou plutôt d’une mission impossible ?

Actuellement, dans le monde, 800 000 personnes souffrent de la faim, et 70% des ménages possèdent la moitié de la richesse mondiale. Une façon d’équilibrer ce pourcentage pour aider les ménages pauvres serait de taxer les ménages riches. Néanmoins même en taxant ces ménages, personne n’est sûr que l’argent récolté soit affecté à la réalisation des objectifs du millénaire. C’est pourquoi, en 2014, seulement 30% de ces dispositifs ont été appliqués.

Les OMD ont réussi à diminuer de moitié le nombre de personnes vivant avec moins d’un dollar par jour. En revanche, cela ne traduit pas un succès total car ils ont laissé de côté les plus vulnérables. La baisse du taux de pauvreté n’est pas une donnée révélatrice. En effet, cette dernière ne correspond pas à la baisse du nombre de pauvres. La moyenne n’a aucune importance sur les enjeux.

Ce qui est indispensable dans la mise en place des moyens d’aide, c’est de réfléchir aux objectifs avec l’aide de la population locale, sinon l’aide se retourne contre elle. Par exemple, la création de la cité modèle à l’Ile Maurice, est un modèle pour ceux qui l’ont construite mais pas pour ceux qui y habitent.

Il y a également une nécessité indispensable de bonne gouvernance de l’Etat et de sa bonne gestion des systèmes sociaux.

Les OMD ont été très peu déterminants, car les décisions prises n’ont pas été appliquées efficacement.

Il faut un niveau d’application beaucoup plus fort, même si on en compte actuellement 17. « The sustainable Development Goals », est un nom qui fait plus penser à une usine à gaz qu’à une liste d’objectifs à but humanitaire. La seule perspective de leur mise en place est qu’il faut y croire.

Très souvent les bénéficiaires ne sont pas pauvres, mais font partie de la partie basse de la classe moyenne. Les plus pauvres sont, une fois de plus, exclus. Mais encore une fois, aider ne signifie pas toujours améliorer la situation des personnes.

Dans l’enquête The World we want, réalisée auprès de 114 pays, l’une des priorités reste l’éducation : elle représente le quatrième ODD. On observe cependant que lorsqu’on ajoute les moyens cela ne conduit pas toujours à l’amélioration. L’accès à l’école, qui a très fortement augmenté, a eu un impact négatif sur la qualité de l’enseignement et sur les classes.  En 2002 par exemple, la mise en place de la scolarisation obligatoire au Kenya a apporté une forte diminution du niveau appris à l’école. En effet, les professeurs qui ne sont pas formés par l’Etat et n’ont pas tous le même niveau, enseignent très mal. Par conséquent, les élèves ne font aucun progrès. Si encourager les enfants est une bonne chose, on remarque que les professeurs ne sont en aucun cas formés et prêts à instruire les enfants. Par conséquent, les enfants n’apprennent rien, et dans certains cas, régressent. 

Avec les ODD de 2015 il faut se remettre en cause, déployer des recherches plus approfondies et tenir compte du fait que la quantité n’est pas la qualité.

Markéta POSPECHOVA

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s