Sans titre

La jungle de Calais, c’est le nom que l’on a attribué au plus grand bidonville d’Europe qui s’est créé au début des années 2000. Située dans le nord de la France, aux portes de la ville de Calais, elle regroupe d’immenses campements de migrants et de réfugiés, ayant tous pour but de rejoindre le Royaume-Uni, dans l’espoir d’une vie meilleure. La jungle comptait, au mois d’octobre 2015, plus de 6 000 personnes, hommes, femmes et enfants confondus. Dans ce bidonville, en plus des baraquements de fortune et des tentes, de vrais petits « business » se sont installés : restaurants, chichas, épiceries…

Mais depuis quelques mois, les altercations avec les forces de l’ordre se sont multipliées. Des CRS circulent jour et nuit autour de l’autoroute, près du port de la ville mais aussi du tunnel sous la manche : le but étant de contenir les flux de migrants qui souhaitent passer à tout prix la frontière. Ces derniers cherchent à monter clandestinement dans les camions, quitte à abîmer la marchandise mais surtout quitte à mettre leur vie en danger. Calais est devenu un point noir pour tous les camionneurs d’Europe qui se retrouvent impuissants face au nombre grandissant de personnes assaillant leur véhicule et essayant de se cacher à l’intérieur.

En ce début d’année 2016, suite à de nombreux problèmes de santé publique et d’insalubrité, des démantèlements ont donc été mis en place sous l’œil vigilant des forces de l’ordre. Des logements « en dur » pouvant contenir de 6 à 12 migrants ont été construits, mais les places sont limitées à 1 500 personnes. A l’aide de pelleteuses, les ouvriers détruisent petit à petit les constructions précaires se dressant dans la zone qui doit être démantelée, démarquée par des traits de peinture rose sur le sol. La ville reste cependant très claire : tout cela n’est pas une solution durable, ces habitations ne contiennent que le strict minimum, à savoir des lits, des armoires, et des sèches serviettes. En plus de ces logements, d’autres solutions ont été trouvées dans le but de leur fournir un endroit chaud pour l’hiver : des cars sont mis à leur disposition afin qu’ils soient dirigés vers des centres d’aides dans d’autres régions de France. Cependant, beaucoup refusent à s’y résoudre, ne souhaitant pas faire une croix sur leur rêve de traverser la Manche.

Entre Calaisiens excédés et militants engagés, la guerre des idées fait rage à Calais. L’extrémisme monte chez les habitants et des manifestations de plus en plus virulentes contre les migrants et réfugiés prennent place dans les rues de la ville. Leur nouveau slogan « Calais aux Calaisiens » a de nombreuses fois retenti lors des marches effectuées au sein de la ville pour faire réagir Madame le Maire.

Aujourd’hui, la question reste entière : quel devenir pour la jungle de Calais ? Après plus de 16 ans à voir cette « petite ville » au sein de la ville de Calais se créer, les habitants comme les militants sont clairs : des décisions doivent être prises. Et vite.

Aurore CHAO-OGER

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