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A neuf heures et quelques, alors que j’étais en train de suivre le cours d’histoire de l’Union européenne, voilà que mon iPhone s’illumine. Je détourne brièvement mon attention pour lire rapidement la dernière dépêche d’Euronews. Avant même de terminer ma lecture, les mots tels que « Bruxelles », « aéroport », « métro », « explosion » et « attentats » m’ont alarmée. Ma concentration devait se porter sur la mise en place des traités d’Amsterdam et de Nice… Mais c’était impossible, j’ai foncé sur Twitter, en espérant vaguement que c’était moins grave que ça ne devait l’être. Que nenni. Ma voisine de table, une Cadurcienne qui avait fait son Erasmus à Bruxelles, était consternée

C’était cela. Consternation. Bien sûr, je pourrais employer les termes tels que choc, tristesse, colère, horreur, terrible. Ces mots se passent de commentaire, nous ressentons tous cela face aux drames. Or, après avoir vécu de très près les attentats de Paris en novembre dernier, il y avait de quoi être consterné. « Encore », me disais-je.

Briser l’espace Schengen, réveiller le fiel de la haine, diviser pour mieux régner, souffrir, perdre sa mère, son amoureux, son voisin ou sa professeure, sortir les armes et accepter de faire le deuil de sa liberté pour une sécurité plus qu’illusoire, voilà ce que veulent ces fous qui attaquent  l’Europe.

Car c’est bien cela : en frappant Bruxelles quelques mois à peine après Paris, c’est l’Europe qui est attaquée. Cette Europe-là, celle-là même qui est née sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale. Oui cette Europe-là vacille sous le sceau des valeurs extrémistes mettant à mal l’idéal de démocratie, de paix et de prospérité.

Après état des lieux, il s’avère qu’il y a 40 nationalités parmi les victimes. 40. Nul besoin d’être devin pour comprendre qu’en faisant exploser l’aéroport de Bruxelles et une station de métro en plein quartier européen, les terroristes ont clairement voulu abattre tout ce qui rendait l’Europe si belle et si attractive : un univers multiculturel où la diversité prédomine.

Je souhaite bien du courage à la Belgique et aux habitants de Bruxelles pour se remettre de ces horreurs. Je tiens néanmoins à souligner que l’Europe n’est pas le centre du monde. Je suis très mal à l’aise en constatant que Paris et Bruxelles ont été unanimement soutenues par le monde entier, tandis que Ankara, Ouagadougou, Alep, et j’en oublie des centaines d’autres, sont à peine sous le feu des projecteurs. J’ai fait Erasmus, je n’ai pas rencontré que des Européens mais également des individus qui viennent de lointains continents et ceux-ci aspirent autant que moi à évoluer dans un espace d’ouverture à l’autre. Ce n’est pas l’Europe à titre unique que nous devons célébrer. La raison initiale qui a fait l’UE est la paix.

Et celle-ci est universelle.

Gardez la frite, amis belges !

Claire CAMBIER

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