A l’école, on parle peu d’Europe. Nous avons décidé de changer cela, afin de développer une conscience européenne chez les citoyens européens en devenir.

Pendant l’année scolaire 2014-2015, nous avons lancé notre projet « l’UE à l’école ». Nous nous sommes rendus dans différents établissements afin d’intervenir auprès des élèves pour parler ensemble d’Europe. Lors des portes ouvertes du Lycée Marx Dormoy (Yvelines), trois élèves de Terminale ont participé à un atelier d’écriture faisant suite à notre intervention. Ils ont décidé d’écrire sous la forme d’une interview. Cet article est le fruit de leur travail.

Qu’est-ce que l’Europe pour vous ?

Stanislas : Selon moi, l’Europe représente un ensemble de pays d’un continent. Lorsque l’on parle de l’Europe, on a souvent tendance à faire le lien avec l’UE. L’UE est une association de pays ayant une monnaie commune : l’Euro. On y pratique une politique de libre-échange avec des réglementations communes aux pays membres.

Romain : L’Europe, ou plutôt l’Union européenne, est une entité politique et l’une des plus grandes puissances mondiales. Elle permet à plusieurs pays d’être unis afin de former un groupe fort et influent. Grâce à l’Union européenne, on peut circuler à travers l’Europe. L’ouverture des frontières permet aux citoyens européens de découvrir avec plus de facilités les pays voisins. L’Union européenne n’a pas que des qualités. En effet, la création de l’Union européenne a aussi enlevé certains pouvoirs aux Etats et impose donc une politique de groupe. Je pense qu’il faudrait individualiser l’Union européenne afin de permettre aux Etats de mener leur politique et leur économie plus en adéquation avec leur pays. Tous les pays n’ont pas la même économie.

Jérémy : Il y a une distinction cruciale entre l’Union européenne, représentante de l’Europe politique et économique, et l’Europe, désignant uniquement le territoire géographique. L’UE est le fruit de la réconciliation franco-allemande après la Seconde Guerre Mondiale. L’Union est l’organe décisionnel phare de l’économie des pays qui en sont membres, et également un lieu de débat diplomatique important. L’UE prend un virage dans les années 1990 en ratifiant des traités visant, comme aux Etats-Unis, à créer un système de fédérations (quoi que relatif, chaque pays membre gardant une complète autonomie politique), via l’instauration, par exemple, de la monnaie commune dès 2001 (avec un système de bi-monétisation avec les monnaies nationales) devenant l’année suivante la seule devise en vigueur sur le territoire européen.

Vous sentez-vous européens ?

S. : Mon avis sur la question est très mitigé. En effet, selon moi, cela dépend du pays dans lequel on se trouve. Si ce pays a de bonnes relations avec l’UE, alors oui on peut se sentir européen car l’UE aura été bénéfique pour le pays. De même pour les réglementations européennes qui auront permis à ce pays d’améliorer sa croissance économique et peut-être même d’améliorer ses conditions sociales. En revanche, si un pays a des relations tendues avec les grands dirigeants européens alors il est probable qu’il veuille sortir de l’UE afin de retrouver une « identité personnelle », « nationale » qu’il peut avoir « perdue » lors de son entrée dans l’UE. Pour en revenir à mon avis personnel, étant de nationalité française et résident en France, j’ai le sentiment d’être avant tout français avant d’être européen. Cette impression s’explique par le fait que l’on parle très peu de l’Europe aussi bien dans les médias que dans la vie de tous les jours. Hormis l’espace Schengen qui m’est très utile quand je voyage, je n’ai pas le sentiment d’être pleinement un citoyen européen. Ce n’est pas pour autant que j’ai un avis négatif sur l’UE, bien au contraire.

R. : Je pourrais dire que oui, mais également non. Autrement dit, j’ai parfaitement conscience d’être citoyen européen. Je sais en partie ce que l’Union européenne me permet de faire, comme le service civique européen. D’un autre côté, la conscience d’être un citoyen européen n’est pas aussi importante que ce qu’il faudrait. Autrement dit, ce qu’on entend de l’Europe et surtout de l’Union européenne reste assez négatif et n’encourage pas à la défendre. Les débats dans les médias sur l’Union européenne laissent transparaître qu’elle est démodée, inutile et encombrante. On n’entend que des commentaires tels que « L’Union européenne nous coule », et je pense que cela peut fortement influencer l’opinion publique. Personnellement, je pense que l’Union européenne est une source d’avenir.

J. : Si je partage les idées fondatrices, soit le concept de regroupement des nations d’Europe dans le but d’un travail commun, je ne me sens pas Européen dans le système actuel de l’UE tel qu’il est actuellement. Devant les inégalités persistantes, au sein même de l’UE, sur le plan politique, migratoire, économique ou socio-culturel, je constate que les idées de partage, d’unification et de solidarité ne sont qu’une partielle réussite, et que l’organisation finit par n’être qu’un système géré par les mêmes nations depuis sa création.

Qu’est-ce que l’Union européenne a apporté selon vous ?

R. : Selon moi, l’Union européenne a apporté une puissance et une unité importante aux yeux du monde. Elle permet de circuler librement. Je ne suis pas spécialiste de l’Union européenne, je ne sais donc pas précisément ce qu’elle a permis d’ouvrir aux différents citoyens européens. L’Union européenne a permis de créer une monnaie unique, mis à part pour la Grande-Bretagne par exemple, et donc a facilité le commerce entre les pays européens.

S. : D’après moi, l’UE a apporté l’Euro, une monnaie commune soumise à des réglementations communes et servant aux échanges intérieurs aux pays et extérieurs entre les pays de la zone Euro. Je pense aussi aux réglementations agricoles, financières et sociales. Seulement, certains pays ont le sentiment de perdre leur identité et de se fondre dans un ensemble européen où ils n’ont plus d’indépendance. Toutefois, je ne partage pas cet avis.

J. : La Communauté économique européenne (CEE), dans un premier temps, a permis d’assurer après une guerre mondiale dévastatrice, une union afin d’assurer la paix. Par la suite, les groupements financiers et les lois économiques européennes permirent une avancée de l’UE vers la mondialisation et une ouverture des frontières entre les pays membres (via les traités ratifiés), supprimant progressivement les douanes fixes aux frontières, jusqu’à l’instauration de la monnaie commune. Cependant, ces avancées, ayant permis à l’UE de devenir la première puissance mondiale, génèrent un risque qu’un pays (par exemple la Grèce aux vues de sa situation économique) entraîne d’autres pays dans la récession, comme elle peut au contraire se solidifier par la « puissance » du bloc européen. De plus, j’émets des réserves sur l’utilité finale de la monnaie unique, ayant entrainé une crise économique en 2002 et revenant plus cher aux grandes puissances que leurs anciennes monnaies.

A quoi ressemblera l’Europe dans 30 ans selon vous ?

R. : Selon moi, l’avenir de l’Union européenne est prometteur. Malgré la montée de certains partis contre l’Union européenne, je pense qu’elle restera debout et solide. Je pense que l’Union européenne aura cependant changé, en s’adaptant aux différentes exigences et nécessités des pays membres. J’espère qu’elle saura rallier les différentes causes importantes, comme la famine ou encore la lutte contre les inégalités. J’espère aussi que l’Union européenne imposera des normes de sécurité, sanitaires et humaines.

J. : Au vu de la situation économique aggravée par la crise économique mondiale de 2008, de l’effondrement progressif de certaines nations endettées voire en faillite, des inégalités du point de vue des lois européennes, que certains pays ne respectent pas ou qui ne sont pas concernés par elles (notamment du point de vue de l’immigration, certains pays ayant une indulgence de la part de l’organe décisionnel de l’UE), et au vu du sentiment partagé par de plus en plus de personnes de ne pas être européen (peut-être dû à l’ambiguïté trouvant ses formes dans le fait que les citoyens sont avant tout citoyens de leur nation avant d’être ceux d’une union commune à 28 pays), je pense que l’UE est un échec du point de vue culturel, économique et social et si je pense que l’UE existera toujours d’ici 30 ans, je n’ose imaginer dans quel état et combien d’argent sa survie aura coûté à ses pays membres

S. : L’UE est prometteuse mais actuellement le manque de communication ne permet pas une pleine intégration des citoyens dans un sentiment d’Union européenne. Néanmoins, je garde espoir pour l’avenir et j’aspire à une union qui permettra la création d’une véritable union européenne à la manière des États-Unis, même s’il reste encore beaucoup de monde à convaincre…

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